samedi 9 mars 2013

Idéologies

Nous discutions, jeudi soir, des idéologies... guides rationnels pour l'action ou, comme je le pense, des idées sur le monde se transformant, peu à peu, en  représentations mutilées du monde à prétentions "omni-explicatives", irrécusables, infalsifiables comme les décrivent Annah Arendt et Edgar Morin: en systèmes fermés.

Pourtant, au départ, étymologiquement, "discours sur les idées", l'idéologie est devenue, avec les Encyclopédistes du Siècle des Lumières, une explication rationnelle du monde opposée aux obscurantismes religieux.

Il en reste bien des choses, notamment les prétentions scientifiques qui démarrent avec K Marx et le "matérialisme scientifique", appellation pompeuse dont il habilla le matérialisme dialectique qu'il déclina d'Hegel. En général, cela finit mal, une fois que le réel rend toute spéculation intellectuelle vaine, comme on l'a vu avec le marxisme à la sauce soviétique.
Le propre d'une idéologie est qu'à partir de quelques idées simples et le plus souvent rationnelles et éclairantes, une élaboration collective établit, peu à peu, un système fermé capable de répondre à toute objection au prix de prouesses intellectuelles acrobatiques s'éloignant toujours plus de l'épreuve des faits, et donc de toute démarche rationnelle scientifique.

Ainsi les adeptes du libéralisme financier maintenant, à l'encontre des faits, que le marché s'autorégule spontanément à la condition qu'on lui laisse la liberté la plus totale, ainsi les théologies s'escrimant, par exemple, à justifier que la mère de Jésus était restée vierge, où à s'accrocher au mythe de l'infaillibilité papale.

Une des divergences portait sur les réligions, vérités révélées, appartenant ou n'appartenant pas à la catégorie des idéologies ? La différence , pour moi, tenait simplement à ce que les mécanismes explicatifs de départ étaient extra-terrestres (ou para-normaux) pour les religions, et le plus souvent à visées rationnelles pour les autres.

Alors qu'est scientifique ce qui s'offre à la critique et à la réfutation, une idéologie se veut vraie, encore et toujours, va puiser dans ses fonds de tiroirs des "preuves" pouvant aller à l'encontre totale des faits réels et se présente comme exclusive, en opposition à ses concurrentes comme la seule explication de tout.

Nous nous sommes quittés sur ces divergences renforçant, pour une partie des idéologues, leurs croyance en l'infaillibilité de leur idéologie, amenant quelques autres à douter.
  • "Ville Intelligente : quelle définition pour quels enjeux ?", Bulletins Electroniques.
  • "Budget 2014 : Ayrault veut 5 milliards d'économies nouvelles", NouvelObs. Le chemin de la croissance ?
  • Enfin... "Karachi : vers la déclassification de documents confidentiels ?", NouvelObs.
  • "Marisol Touraine et la retraite des députés", Libération.
  • "L'entourage de Beppe Grillo mêlé à des affaires opaques au Costa Rica", Libération.
  • "Les 83 milliardaires du Parlement chinois", Big Browser.
  • "Ikea a vendu en France 6 000 tartes possiblement contaminées par des bactéries fécales", Le Monde.
  • "Petroplus : le projet soutenu par Arnaud Montebourg tombe à l'eau", Le Monde.
  • "Et si les élections italiennes se révélaient une opportunité pour l’Europe ?", Blog OFCE.
  • "Nice : Plainte d'un membre d'Anticor à l'encontre d'un adjoint au maire pour prise illégale d'intérêt", FR3 Côte d'Azur.
  • "Et si Nice disparaissait", un dossier de l'Express.

10 commentaires:

  1. Il y a aussi le fait, par exemple, que les successeurs présumés de Marx se sont complètement écartés de ses analyses pour appliquer des préceptes aux antipodes de celles-ci. Était-ce du pragmatisme ? Probablement non, puisque ils ont échoué en partie - l'autre partie étant les coups de boutoir d'USA qui ne supportaient pas la concurrence, tout en en ayant besoin pour justifier leur politique expansionniste.

    Une chose est rassurante : pour des raisons probablement assez similaires, analysées avec du recul, le "libéralisme" tombera lui aussi, puisqu'il n'est qu'une autre forme de dictature, aussi sanglante que celle de Staline. Il y a des objections ? Combien d'humains, surtout des enfants, sont morts de faim ou d'empoisonnements causés par l'industrialisation, la "chimiquisation" des processus agricoles, la monoculture à but financier, la rétention de produits de base sur fond de spéculation ? On ne parle là, bien entendu, que de faits survenus depuis 1945. Une troisième guerre mondiale s'est déroulée sans bulletins de front, sans discours patriotiques, et seules des revues spécialisées ont rendu compte dans de rares articles de cette guerre.

    Parce que cette guerre continue, détruisant ici un pays entier, là les habitants d'un autre, au gré des besoins de la fricocratie mondiale, à un moment il faudra bien qu'une situation aussi intenable cesse. La question pourra alors se poser : à quoi ce gâchis planétaire voulait-il aboutir ? Déjà une réponse pourrait être avancée : comme pour les guerres militaires, il pourrait s'agir de simples conflits d'ego comme en 1870. Quand on est déjà multimilliardaire, que reste-t-il pour combler une vie complètement vide de vrai sens, sinon revenir à des préoccupations basiques dignes de l'école primaire, "Ki cé ka le zizi le plus long ?"

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    1. Ce type est un fou total...

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  2. JC, mort de rire...9 mars 2013 à 09:31

    Après avoir longuement étudié les idéologies, leurs effets réels, et en conscience décidé de rester à l'écart de ces systèmes étroits de pensée, je viens de ressentir une intense jubilation : j'ai trouvé l'idéologie IDEALE !

    Oui ! le BABELOUESTÏSME courant mélanchonien FADA peut à lui seul apporter le bonheur au monde ....

    Enfin !!!

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  3. « (…) cela finit mal, (…) comme on l'a vu avec le marxisme à la sauce soviétique »
    « Le marxisme à la sauce soviétique » késako ?
    Faute de place ou d’arguments vous avez fait très très court et, en cela, assimilez « marxisme » avec les régimes qui s’en sont réclamés ou qui s’en réclament encore .
    N’oubliez pas que le « Marxisme » a été une idéologie depuis 1890 initiée par les sociaux-démocrates allemands
    Le marxisme est une « doctrine » inventée pour l'essentiel après la mort de Marx et qui a servi de religion à l'usage des classes opprimées
    Le collectivisme, propagé dans la social-démocratie du début du XXe siècle et mis en œuvre en URSS s'est avéré n'être qu'une idéologie de la soumission des travailleurs à la nouvelle bureaucratie née de leurs rangs.
    A contrario Marx proposait une théorie de l'émancipation des individus et non un « collectivisme ».
    Les ouvrages de Marx ne servent pas à faire des prévisions économiques, ou écrire des programmes politiques , ils sont une critique de l’économie :
    comment les Individus finissent par être soumis à leurs propres produits
    comment les hommes sont esclaves de leurs échanges
    La crise de 2007/ 2008 illustre parfaitement ce que Marx appelait le « capital fictif » Puis, le rôle de la dette publique dans la formation de ce capital fictif.
    [« La prise en charge de la faillite du système financier afin d'en reporter les coûts sur les citoyens a bien repositionné les gouvernements comme de simples fondés de pouvoirs du capital financier » ]
    erreur ?
    Marx permet de comprendre à la fois le capitalisme et ses contradictions
    Oui le « Marxisme » comme idéologie du 20ème siècle est mort. Mais, les analyses de Marx sont toujours pertinentes.

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    1. "Les ouvrages de Marx ne servent pas à faire des prévisions économiques, ou écrire des programmes politiques , ils sont une critique de l’économie"...
      Y compris le Manifeste ?
      Pour le reste, pas de désaccord de fond.

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    2. Oui, pour l'essentiel, Bruno a bien raison. Ainsi que Babelouest, plutôt pas fou-furieux du tout...
      Quant au fameux "Manifeste", Jef a raison aussi mais en sachant 2 choses importantes :
      1- K.Marx a écrit cela à la demande urgente d'amis de la 1° Internationale, en croyant que ce n'était qu'un "extra" conjoncturel dans une bataille politicienne bien secondaire, chose où il ne s'aventura guère...
      2- A l'époque, le mot "dictature" n'avait pas (encore) le même sens péjoratif qu'aujourd'hui, mais celui des Romains de "ferme direction provisoire"... Mais les régimes léninistes, dits "communistes" ont perverti ce sens (+ n. minables dictateurs locaux!!)
      en faisant aussi du Manifeste de Marx son œuvre principale. En bons usurpateurs du marxisme, ils ont même transformé la menace d'une "ferme direction provisoire du PROLÉTARIAT" en absolue dictature du PARTI... unique.
      Et la vraie dictature, aujourd'hui sous "couleur libérale", est celle de la haute-bourgeoisie, celle du capitalisme des multinationales.

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    3. Oubli : le mot "parti politique" lui aussi n'avait pas le même sens, si rigide aujourd'hui. Il était très synonyme de "mouvement"... de "mouvance".

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    4. Effectivement le manifeste écrit de concert avec F Engels était une commande de la Ligue des communistes ou plus exactement , les idées de Marx et Engels étant devenues majoritaires au sein de la ligue des communistes, les 2 « compères » décident de publier (fev 48) le texte rédigé par Marx.

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  4. "à s'accrocher au mythe de l'infaillibilité papale"

    Le mythe en question est très récent. Même pas 150 ans.

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    1. Officiellement, vous avez raison: 1870. Il a été rajeuni en 1964. Mais ses racines sont anciennes, à la base de la rupture avec les orthodoxes.

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