jeudi 7 mars 2013

Hugo Chavez

Je n'ai jamais fait partie de ceux qui, hormis Mélenchon, dans la pensée unique française, diabolisaient Hugo Chavez, même si j'appréciais peu ses relations cordiales avec un Kadhafi, le Président de l'Iran, le boucher syrien et quelques autres. Reconnaissons que ces fréquentations étaient en grande partie dues au boycott officieux organisé par les USA.
J'appréciais aussi peu les limites qu'il mettait à la liberté de la presse au Vénézuela, des médias, reconnaissons-le, pour l'essentiel aux mains de ses riches adversaires, ni un culte de la personnalité un peu envahissant.

Je sais que son pays était encore en proie à une insécurité, traditionnelle, préoccupante et, à un degré moindre qu'avant sa prise du pouvoir, à une corruption qui était, elle aussi, préoccupante.

Ceci dit, après sa victoire électorale de 1999, il a été deux fois largement réélu et bénéficiait d'un soutien populaire sans failles.

La nationalisation du pétrole opérée dès sa première élection avait permis de dégager une manne qui a largement bénéficié aux plus pauvres, qui lui en étaient reconnaissants.  Il l'a payé en étant mis au ban des nations par les USA.
Ses méthodes n'étaient pas classiques. S'apercevant d'un sérieux problème d'illettrisme, il négocie avec Cuba la mise à disposition de 20 000 éducateurs et organise une grande campagne qui porte ses fruits. Même chose concernant la santé des plus pauvres, ouvrant de très nombreux dispensaires, gratuits.

Sa réforme agraire, distribuant aux petits paysans les terres peu ou pas exploitées des latifundistes, aura permis une explosion de la production agricole. Comme le dit le Huffington Post: "Depuis son élection, le PIB du Venezuela a été multiplié par trois, le chômage divisé par deux, la pauvreté réduite de plus d'un tiers, la pauvreté extrême ramenée à 10%, les écarts de richesse resserrés" et il a "divisé l'analphabétisme par deux, fait reculer la mortalité infantile et progresser l'espérance de vie".

Il aura aussi permis qu'un certain nombre de pays d'Amérique du Sud, se rapprochant, réussissent à s'émanciper au moins partiellement des pillages opérés par des multinationales US.

Et donc, globalement, le bilan très largement positif, même si le développement économique n'aura pas été celui qu'on aurait pu espérer, de quelqu'un qui était vénéré par la partie la plus pauvre de son pays, c'est à dire l'exact contraire de nos gouvernements européens.
  • "A qui appartient le savoir ?", Le Monde. ****
  • "L'eau salée changée en source d'électricité par des nanotubes", Le Monde.
  • Méthode Coué: "Nicolas Sarkozy estime qu'il pourrait être "obligé" de revenir en politique", Le Monde.
  • "Iran: des équipes de snipers déployées à Téhéran pour combattre une invasion de "rats mutants"", Huffington Post. Sur la photo, ils sont impressionnants...

30 commentaires:

  1. Chavéz était un sérieux écueil au terrorisme étatsunien. Son action en profondeur, dénoncée bien entendu par les médias de son pays (en grande majorité appartenant à des soutiens fortunés du libéralisme), va perdurer.

    Heureusement d'autres États ont profité de son charisme pour imposer à leur tour des dirigeants opposés au capitalisme du voisin du nord, même si certains furent évincés avec le concours des fonds, des armes et sans doute de "conseillers" venus de Langley.

    A quand chez nous ? (n'en déplaise à certains commentateurs)

    RépondreSupprimer
  2. Bon débarras !
    (le fasciste, putschiste, populiste théâtral est mort. A la différence de Melenchon le Clown, le canot de sauvetage d'Hugo flottait sur un océan de pétrole vendu aux USA en premier rang ! Voyons voir quel autre clown, un chauffeur de bus communiste ?, le remplacera dans cette "démocratie" exemplaire où règne incompétence, corruption, enlèvement, criminalité record, argent facile, indigence industrielle et agricole...)

    RépondreSupprimer
  3. A quand chez nous? Pauvre bab ! encore un qui va mourir déçu !
    Certain croient au mandarom, d'autres à feu hugo !

    RépondreSupprimer
  4. Sic : « globalement, le bilan très largement positif (…) » Ah OUI !
    Peut-être la cécité vous gagne :- (
    Son bilan social est correct ; c‘est le moins qu’ il pouvait faire avec la manne du pétrole . Son bilan économique une catastrophe. Ses fréquentations : à vomir !
    Démocratie et vie syndical : il envoie en prison des syndicalistes appartenant à sa propre centrale bolivarienne quand ils osent revendiquer et faire grève…
    Passage de la logorrhée de H. Chavez en 2010 : [« J’exige la loyauté absolue envers mon leadership. Je ne suis pas un individu, je suis un peuple... Unité, discussion libre et ouverte, mais loyauté... Tout le reste est trahison. »]
    Indignez-vous !
    Quant aux pleurs de JL Mélenchon et autres Coquerel représentants du P.G., présenter aujourd’hui l’expérience « chaviste » comme une inspiration pour la gauche européenne est tout simplement une escroquerie intellectuelle.
    JL Mélenchon se plaignait, à juste titre, de l’hyperprésidentialisation Sarkoziste, mais quid de la présidence Chavez ?
    JL Mélenchon a visité à de nombreuses reprises le Venezuela certes, visites guidées, encadrées dans les villages Potemkine du cirque bolivarien.
    JL Mélenchon n’a RIEN retenu de son passage et son éducation politique chez les « trotskistes lambertistes » pour aujourd’hui, être à ce point aveugle et à la limite du culte de la personnalité
    Le modèle bolivaro chaviste , selon JL Mélenchon, est exactement le contraire de ce à quoi devrait aspirer une gauche Européenne digne de ce nom.

    RépondreSupprimer
  5. A lieu de donner du poisson aux pauvres, Chavez aurait mieux fait de leur apprendre à pêcher. Redistribuer la manne pétrolière, c'est beau, c'est noble, et ça fait de gros scores électoraux, mais investir intelligemment en jetant les bases d'une économie pérenne, ç'aurait été autrement profitable au petit peuple. Une fois de plus, on adule un médiacrate qui ne voyait pas plus loin que le scrutin suivant. Ne parlons même pas de ses méthodes et de ses alliances, là il vaut mieux se mettre une pince à linge sur le nez.

    Je comprends que Chavez représente la quintessence de l'idéal babeloccidental : grande gueule, antiaméricain primaire, répressif, populiste, ami des pauvres, et totalement inefficace à long terme. Mais faisant de si beaux discours...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Certes, mais ses prédécesseurs empochaient tout simplement la manne pétrolière en développant encore moins une économie pérenne...

      Supprimer
    2. Vous suffit-il de ne pas être corrompu pour être un bon politique ? Etes-vous à ce point désabusé ?

      Supprimer
    3. Ce n'est pas l'objet. Quand les prédécesseurs de Chavez se gavaient, et géraient une démocratie approximative, personne ne disait rien. Quand Chavez redistribue, c'est un tyran populiste et incompétent.

      Supprimer
    4. Vous avez de ces raccourcis... Quand les prédécesseurs de Chavez se gavaient, pas mal de monde le dénonçait, mais les prédécesseurs en question n'étaient pas d'aussi bons clients médiatiques et donc ça résonnait peu. La faute à qui ? Ce n'est pas la politique de redistribution de Chavez qui est critiquée, c'est sa vue à court terme qui n'avait d'autre but que d'assoir sa popularité immédiate, ce qu'il a parfaitement su gérer. Le Venezuela ne sera pas meilleur après Chavez qu'avant. Moins de pauvres, certes, mais pour combien de temps ?

      Votre "globalement, le bilan très largement positif" rappelle Georges Marchais. Avec le succès que l'on sait.

      Supprimer
    5. Certes le processus engagé par Chavez , ou celui de Morales voire celui d’ Acosta est par certains aspects positifs puisqu’il contribue à faire entrer dans le jeu de la politique des peuples qui en étaient exclus auparavant et sous domination économique des USA
      Mais il faut se garder de répéter comme des perroquets (votre photo l’illustre) les slogans des années 50 et 60. Le « chavisme » au Venezuela n’est pas le socialisme du XXIe siècle, ni la « révolution bolivarienne », mais , via la reconquête de la rente pétrolière, la tentative d’affirmation d’une nouvelle classe capitaliste nationale, qui à côté des autres pays émergents veut sa place dans un monde où l’impérialisme dominant est très affaibli.
      Il est d’ailleurs significatif que Chavez, un militaire, ait consacré une part considérable des revenus du pétrole, à l’achat de matériel militaire, notamment auprès de la Russie.
      Les USA ne voient pas tout cela d’un bon œil, non qu’ils aient peur du « communisme » de Chavez mais parce que le Venezuela s’allie à des rivaux (la Russie) ou des États incertains (la Syrie , L’Iran , hier la Lybie) dans le jeu des rapports de forces entre les grandes puissances capitalistes.
      La manière dont JL Mélenchon and C° glorifient Chavez fait immanquablement penser, mutatis mutandis, aux retours de Moscou des « amis de l’URSS » ou aux palinodies des maoïstes occidentaux de retour de Chine au moment de la « révolution culturelle »
      Comment peut-on prétendre soulever l’espoir d’une « révolution citoyenne » en glorifiant ce caudillo dont les parents et amis militaires accaparent les richesses de la rente pétrolière sans avoir été capables de faire le moindre pas dans l’indépendance réelle de son pays ?
      Cf : La gestion catastrophique de l’entreprise pétrolière d’état, PDVSA.

      Supprimer
  6. Voilà. Je n'en attendais pas moins des distingués visiteurs d'ici. J'espère bien que, si un jour, un homme de la trempe de Chavéz vient faire le ménage ici, il sera encore plus efficace de Mélenchon.

    L'ennui, c'est qu'ici, nous n'avons pas de pétrole (sauf le pétrole Hahn)....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. oh sorry, je voulais dire : plus efficace que Mélenchon !

      Supprimer
    2. Nous sommes d'accord : il est difficile de faire moins efficace.

      Supprimer
    3. Tout dépend dans quel sens bien sûr : pour le bonheur du peuple, en inefficacité Sarkozy et Hollande sont roue dans roue...

      Supprimer
    4. Quand allez-vous comprendre, mon pauvre arriéré de Bab, que le Peuple, ça n'existe plus, que vous le vouliez ou non ! Marx est mort, le monde a changé !
      Notion ancienne, "le Peuple", ...désuete : comme la cité grecque !

      Il n'y a plus qu'individualité lorque la Société progresse, et que l'on sort de la pauvreté totale... Nous vivons au IIIème millénaire, savez-vous ?

      Supprimer
    5. Bien sûr que si, ça existe, le peuple : ça manifeste à ND-des-Landes, ça vote Méluche, ça pétitionne pour tout et son contraire, ça écoute Mermet à 15 h, ça défile plus ou moins à l'appel de CGT-FO, ça pleure la mort de Hessel et autres vieilles lunes, etc. Le reste, même s'il représente 89% de la population dans les urnes, ce n'est pas le peuple et ne devrait donc pas disposer du droit de vote.

      Détail amusant, le FN aussi se revendique du peuple contre les élites forcément pourries. Allez comprendre...

      Supprimer
    6. On est dans le populo, là !
      Populo : populisme ....

      Bien loin du "Peuple" idéalisé par les mélenchoniens du Front de Brioche ... les amoureux du Creux.

      Supprimer
    7. Un : la société recule. Le IIIe millénaire, argument sans importance en raison de cela justement.

      Deux : le peuple existe, malgré tout. Je rencontre tous les jours des solidarités quoiqu'en disent certains. Appelons-le population, si on veut : pas de problème. C'est précisément ce que les riches voudraient obtenir de cette population, qu'elle s'individualise et se déchire pendant qu'eux se goinfrent. Ils y réussissent en partie, en partie seulement, mais auront toujours un matelas de partisans parce qu'il y aura toujours 30% de cette population qui sera sur cette longueur d'onde-là. Les autres seront moins assidus à fonctionner ainsi.

      Quant au FN, grand défenseur du Capital, sa revendication du peuple est une belle arnaque. N'entre pas qui veut, à Montretout.

      Supprimer
  7. Moi, je regretterai bien plus Alvin Lee.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mais je déplore aussi la disparition d'Alvin Lee, dont je parlerai dimanche.

      Supprimer
  8. Tous ces commentaires lus, vous reconnaîtrez que j'ai présenté, dans le post, un bilan équilibré, même si, personnellement, je le trouve, pour le Vénézuela, largement positif.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vlan la 2eme couche : « « dans le post, un bilan équilibré, même si, personnellement, je le trouve, pour le Vénézuela, largement positif » »
      Comme si il suffisait re réaffirmer …
      Le père du « Venezuela saoudite » vous séduit de plus en plus !
      Rappel la constitution du Venezuela c’est celle de la Vème qui fait la part belle à l’armée principal (seul) pilier de soutien du bonaparte
      Ok le sort des plus pauvres a été amélioré grâce aux « missiones », les programmes sociaux.
      Sur la réforme agraire , la dirigeante paysanne Emma Ortega explique : « Il y a suffisamment de terres de l'Etat pour résoudre le problème des paysans pauvres, dit-elle. Mais il faudrait s'en prendre aux intérêts de beaucoup de militaires, qui occupent illégalement des terres ».
      Entre 2001 et 2003, 100 syndicalistes paysans, ont été abattus !
      Côté bancaire selon la Superintendance Nationale des Banques : « les banques privées en 2004 ont obtenu des profits de plus de 42% par rapport au capital investi, aucun autre secteur économique n’atteint ce résultat de rentabilité ».
      Cette prospérité est liée d’une part au cours élevé du pétrole qui irrigue l’économie vénézuélienne, mais aussi paradoxalement à la politique sociale du gouvernement du fait de l’endettement public qu’elle entraîne, en 2004 les dépenses de l’Etat ont augmenté de 47% et le gouvernement le finance largement auprès des banques vénézuéliennes, la dette interne est passée de 2 milliards à 27 milliards. Un banquier explique ainsi que le gouvernement dépose les revenus du pétrole à des taux de 5% tandis qu’il emprunte à 14% .Comme vous dites globalement positif…. Surtout pour les banques !
      débat à suivre ...

      Supprimer
    2. Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas svp. Chavez n'est certainement pas ma tasse de thé.
      Allez demander aux 80% de très pauvres qui ont amélioré leur situation ce qu'ils en pensent.
      Après, pour le reste, on peut et on doit critiquer, mais nuançons. Relevons les bons et mauvais côtés et estimons si, par rapport à la situation antérieure, les choses se sont un peu améliorées ou non.

      Supprimer
    3. @Jef
      Que le sort de nombreux Vénézuéliens sous Chavez soit supérieur à celui de Caldera ( élu avant 98 grâce à des fraudes massives) certes…
      Pour autant, il n’est pas nécessaire , comme JL Mélenchon et consorts, de qualifier le bilan de Chavez de « très largement positif (…) « ou de pleurer en nous donnant des leçons de morale pour ceux qui respecteraient pas la période deuil !
      Certes, bis repetita, le programme « Barrio Adentro » a permis la création de dispensaires pour 17 millions d’usagers potentiels, qui fonctionnent avec 17 000 coopérants cubains.
      Certes l’éducation, les missiones sont constituées en dehors du système d’éducation publique existant avec des volontaires à tous les niveaux, depuis les classes d’alphabétisation des adultes jusqu’au niveau tertiaire. Par ce biais 1 300 000 adultes ont appris à lire.
      Mais tout cela repose uniquement sur l’injection de la rente pétrolière qui joue son rôle de lubrifiant dans les rouages sociaux.
      Quid du cours du pétrole s’il venait à baisser, les « missiones » et autres dispositifs en souffriraient immédiatement.
      On constate donc, que le pays est TOTALEMENT dépendant de sa rente pétrolière et surtou du cours du baril ! Or, qui fixe le prix du dit baril ?
      Quant aux institutions , le régime bonapartiste voulu et crée pour Chavez de quoi rendre jaloux celui écrit par feu « mon général »
      Le président nomme lui-même son vice-président, n’a pas de premier ministre, nomme et renvoie les ministres comme bon lui semble. Il peut dissoudre l’Assemblée, un congrès à une seule chambre.
      Le président nomme le procureur général et les membres de la Cour Suprême.
      « Last but not least » la place prépondérante de l’armée , 800 officiers au total à des degrés divers, ministres, gouverneurs, vice ministres, directeurs d’entreprises publiques.
      Comme quoi ce que l'on combat ici , certains trouvent que là bas, tout cela est, pour certains soit « très largement positif « soit pour d’autres un modèle du « mouvement citoyen » devant nous conduire au « socialisme du XXI ème siècle »

      Supprimer
    4. Vous avez tout à fait raison. Mais le bilan est très positif pour ceux qui ont appris à lire, ont pu se soigner, ont récupéré des terres, ...

      Supprimer
  9. l'aspect économique du bialn de chavez a été oublié : une soviétisation de l'économie qui a été un échec total. une monnaie qui ne vaut plus rien, le seul pays producteur de pétrole qui manque de devise, une inflation à 35 % , la disparition de la majeure partie de l'économie privée et l'inefficacité de l'économie publique (la compagnie pétrolière a vu ses effectif multiplié par 4 mais ses raffinerie sont en si piteux état que le pays doit acheter de l'essence laquelle est vendue 2 cts le litre. les terres nationalisées sont peu ou pas cultivées et le pays naguère exportateur agricole est devenu un grand importateur etc. sans les petrodollar le venezuela aurait fait faillite depuis longtemps

    RépondreSupprimer
  10. Un fumeur comme Jef aime la fumée d'enfumage de cette merde de Chavez ... Narguilé de vieux révolutionnaires 68tard en culottes courtes !
    Pitoyable, économiquement parlant, le Vénézuela.
    PS : j'aimerai vous envoyer un tee-shirt de Guevarra tirant une pelle à Chavez... Quelle taille faites vous, Jef ?!

    RépondreSupprimer
  11. Je dis, en dernier paragraphe: "même si le développement économique n'aura pas été celui qu'on aurait pu espérer".
    Par contre, la production agricole, qui n'a jamais été exportatrice, contrairement à ce qu'avance Grassenc a été dopée par la réforme agraire.

    RépondreSupprimer
  12. Dopée par la réforme agraire ?
    C'est L'INVERSE ! les terres sont en déshérence, on importe les produits agricoles !
    Décidement ...

    RépondreSupprimer